vendredi 9 novembre 2012

Cultivez la manière d'aborder les échecs en entreprise

En mettant un peu d'ordre dans mes documents, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un article paru en avril 2011 dans le Bizz et qui traitait de l'échec et de la manière dont il fallait l'aborder en entreprise.  Ceci m'a donné envie d'écrire une série d'articles tant ce sujet est sensible dans le cadre professionnel.

Le seul mot "échec" résonne négativement dans notre inconscient collectif et tout le monde sait l'importance des enseignements tirés d'un échec.  Toutefois, appliqué à l'entreprise, l'échec est trop souvent adjoint au terme sanction.  Grave erreur (dans la plupart des cas) car cela limite les possibilités, pour l'entreprise, de prendre de la connaissance voire même de l'avance sur ses concurrents.

Cet article, écrit par Amy C. Edmondson (professeur de leadership et management à la Harvard Business School), débute en constatant deux croyances erronées à propos de l'échec que beaucoup de dirigeants d'entreprise entretiennent :

  1. ils sont convaincus que les déconvenues d'un échec sont préjudiciables
  2. ils sont persuadés qu'il est très facile de tirer les conclusions d'un échec
Bien entendu, un échec peut avoir des conséquences parfois importantes pour une entreprise.  Toutefois, l'échec n'est pas toujours un mal en soi.  Concernant la facilité d'arriver à tirer des leçons d'un échec, l'auteur explique qu'il est nécessaire que la "démarche implique de remettre en question une certaine culture du blâme".

Cette culture du blâme provient souvent de la difficulté pour un dirigeant ou un manager de réagir de façon constructive et positive face à l'échec d'un collaborateur sans pour autant paraître trop laxiste.  C'est compréhensible.  Le dirigeant pense généralement que ne pas "réprimander" un collaborateur pour son échec pourrait l'amener à devenir "je m'en foutiste".  Notre culture du blâme (depuis notre tendre enfance) est trop ancrée dans la culture "du coup de bâton".

En fait, l'auteur explique qu'il est "tout à fait possible d'admettre un échec et de le signaler (nota: signaler qu'on accepte cet échec), tout en maintenant des critères de performance élevés".  Comment me direz-vous ? Pour commencer, en admettant qu'il existe un éventail de raisons pouvant expliquer un échec.  Certaines de ses raisons ne peuvent aboutir qu'à un blâme ; d'autres, à l'autre extrémité, doivent amener une reconnaissance ; entre les deux (les raisons les plus courantes) doivent amener à de la remise en question.

Nous voyons donc se dessiner 3 catégories de raisons évoquées pour expliquer un échec :
  1. les échecs évitables
  2. les échecs inévitables (ou du moins, plus difficilement)
  3. les échecs dits "limites"
Nous verrons, dans les prochains articles quelles sont les caractéristiques de ces différents échecs.

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